Abbatiale Notre-Dame des Ardents

Localisation

L’église est située au centre de Lagny, à côté de la mairie. Latitude : 48°52’38" Nord
Longitude : 02°42’21" Est

Histoire

Les murs

Recevant d’Erchinoald, maire du palais de Clovis II, une partie du territoire, Fursy de Péronne, moine irlandais, bâtit en bord de Marne, sur la Villa Latiniacum, au 7e siècle, un monastère, l’abbaye Saint-Pierre, à partir duquel se forme la bourgade de Lagny.

Ravagée par les Vikings au 9e siècle, l’abbaye Saint-Pierre n’est au 10e siècle qu’un amas de ruines. Elle est relevée par le comte de Meaux Herbert II le Jeune (enterré dans l’église) et son fils Etienne de Troyes au 11e siècle.

La ville appartient aux comtes de Blois-Champagne et anime la Foire des Saints Innocents qui fut l’une des plus célèbres Foires de Champagne des 12e et 13e siècles avec celles de Provins, Troyes et Bar-sur-Aube ; elle restylise à cette époque l’ abbatiale.

En 1142, Yves, légat du Saint Siège, y tient un concile.

Dans la ville, frappée par deux incendies à l’époque médiévale, il subsiste de nos jours trois structures issues de l’abbaye : l’entrée fortifiée de celle-ci sur la place de la Fontaine, l’église Saint-Pierre et Notre-Dame-Des-Ardents, chœur de l’abbatiale surgie à l’époque exceptionnelle du 13e siècle. Cette appellation moderne de l’abbatiale lui a été décernée officiellement en 1950 pour célébrer la prière à la Vierge Marie (« Notre-Dame des Aydans ») de la population médiévale qui fit cesser deux épidémies du « mal des Ardents » (ou feu de saint Antoine) au 12e siècle : ce mal, l’ergotisme, provenant de l’ergot du seigle, un champignon qui provoquait la mort, avait décimé toute la population, comme devait le faire plus tard la peste noire.

Le comte Thibaut-le-Grand choisit d’être enterré à l’abbatiale de Lagny. Le 13e siècle verra l’apogée de l’action de l’abbaye Saint-Pierre à « Laigni », devenue ville royale, dans laquelle séjournera par choix Jeanne d’Arc quelques décennies plus tard, sur la route du destin.

Progressivement abandonnée à partir de la Guerre de Cent-ans, l’abbaye Saint-Pierre est vidée de ses 8 derniers occupants à la Révolution Française.

D’un style gothique francilien, l’abbatiale compte aujourd’hui un chœur et deux travées de la nef initiale. Le bâtiment original, de plus de 100 mètres de long, étendait son emprise jusqu’à l’actuelle place de la Fontaine, l’Hôtel-de-Ville actuel n’étant alors que le cloître de l’abbaye.

Un porche-clocher, daté du XVIIIe siècle, donne désormais accès à l’église depuis la place. Le chevet, de style gothique, est lui l’un des plus beaux de toute la Brie. L’une des épées de Jeanne d’Arc serait cachée quelque part dans l’abbatiale.

Les vitraux

Les vitraux les plus récent sont l’œuvre de Roger Calixte Poupart.

"Déjà dans l’axe du maître autel, nous avions cet enchantement du vitrail de la Vierge, l’éblouissement de ces tons francs et chauds, de ces bleus et de ces rouges éclatants. Par contraste, plus humbles, dans une toute autre gamme de tons, glauques, céruléens, liquides - les couleurs de notre Marne sous le ciel d’automne- , voici des bleus verts et des rouges assourdis. Ne nous étonnons pas trop si nous ne les comprenons pas du premier coup ! Ne demandons pas à ces harmonies pudiques de se livrer d’emblée ! Il faudra relire cette Bible, revoir cette imagerie soyeuse, réentendre ce chant comme un chef d’œuvre très aimé, pour en pénétrer le secret, pour nous mettre à l’unisson de ses accords.

Voici, lovées et comme repliées sur elles-mêmes, les lignes courbes des vertus théologales, pour nous conduire par leurs inflexions savantes vers la prière intérieure et la contemplation ? Et voici - pour nous introduire au royaume éternel dont le sang du Christ nous a ménagé l’ entrée - voici le cortège de nos saints. Ils sont là tous, nuée de témoins au-dessus de nos têtes, Furcy, Fiacre, Faron, Geneviève, Bathilde, Telchilde, modèles par leur manière de vivre, associés dans le même destin, intercesseurs par leurs prières, pour qu’après les combats endurés en cette vie, nous recevions avec eux la couronne qui ne se flétrit pas". Pierre Herbin, 18 septembre 1955, cérémonies d’inauguration des nouveaux vitraux

Liens utiles

visites organisées par les Amis de l’Abbatiale Notre-Dame des Ardents : guide touristique Marne et Gondoire